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Juridique Article

Différence entre compliance pénale et conformité normative

Explication claire des différences entre le compliance pénale (responsabilité pénale de la personne morale) et la conformité normative générale : périmètre, caractère obligatoire, conséquences du manquement et comment intégrer les deux dans un système unifié.

4 min de lecture

Dans l'univers du droit des affaires, les termes « compliance pénale » et « conformité normative » sont souvent confondus, utilisés indifféremment ou regroupés sous la même étiquette. Cette confusion est coûteuse : elle conduit des entreprises à croire qu'elles sont protégées pénalement parce qu'elles disposent d'un manuel RGPD et d'un plan de prévention des risques professionnels, alors que ces instruments ne produisent aucun effet sur leur responsabilité pénale au titre de l'article 31 bis du Code pénal espagnol.

Définitions : deux concepts distincts sous un même chapeau

Conformité normative (compliance général)

La conformité normative — ou compliance dans son acception générale — désigne l’ensemble des politiques, procédures et contrôles qu’une organisation met en place pour s’assurer qu’elle respecte l’ensemble des lois, règlements et normes applicables à son activité. Son périmètre est aussi vaste que celui du cadre légal dans lequel l’entreprise opère.

Les disciplines les plus fréquentes relevant de la conformité normative générale sont : la protection des données personnelles (RGPD, LOPDGDD), la prévention du blanchiment et du financement du terrorisme (PBC/FT), le droit du travail et la prévention des risques professionnels, la réglementation fiscale, le droit de la concurrence, la réglementation sectorielle (financière, alimentaire, pharmaceutique, environnementale), la protection des consommateurs et la réglementation douanière.

Compliance pénale

Le compliance pénale est une discipline spécifique à l’intérieur du compliance général : il s’occupe exclusivement de la prévention des comportements susceptibles de constituer des infractions imputables à l’entreprise en tant que personne morale au titre de l’article 31 bis du Code pénal espagnol.

Sa particularité est que son respect produit des effets juridiques directs en procédure pénale : un modèle d’organisation et de gestion conforme aux six conditions de l’article 31 bis.5 CP peut exonérer entièrement l’entreprise de responsabilité pénale, même si l’un de ses dirigeants ou salariés a commis une infraction en son nom.

Les différences clés

DimensionConformité normativeCompliance pénale
PérimètreToutes les obligations légales applicablesExclusivement les infractions du catalogue art. 31 bis CP
Fondement légalChaque discipline a son propre texteArt. 31 bis à 31 quater et 33 CP
Caractère obligatoireDépend de chaque réglementationPas d’obligation légale générale, mais indispensable pour l’exonération pénale
Conséquences du manquementSanctions administratives, civilesResponsabilité pénale de l’entreprise (amendes, dissolution, interdiction)
Organisme de contrôleAutorités sectorielles (AEPD, CNMV, Banque d’Espagne…)Ministère public, juridictions pénales
Effet d’un programme efficaceRéduction du risque de sanction administrativeExonération ou atténuation de la responsabilité pénale

Comment intégrer les deux dans un système unifié

La tendance des grandes entreprises et des ETI est de construire un système de gestion de la conformité intégré qui couvre à la fois le compliance pénale et les autres obligations normatives. Cette approche est efficiente parce que plusieurs éléments sont communs : le canal d’alerte, la cartographie des risques, le code éthique, la formation et les procédures disciplinaires.

L’intégration requiert toutefois de maintenir clairement distingués les deux niveaux : le module de compliance pénale doit satisfaire aux conditions spécifiques de l’article 31 bis CP, indépendamment des autres modules de conformité normative. Une cartographie des risques RGPD n’est pas une cartographie des risques pénaux.

Quelle priorité pour votre entreprise ?

La priorité entre conformité normative générale et compliance pénale dépend du profil de risque de l’entreprise. Les entreprises opérant dans des secteurs fortement réglementés (finance, pharmacie, alimentation) doivent investir dans les deux. Les entreprises exposées à des risques de corruption, de blanchiment ou de fraude fiscale devraient prioritairement disposer d’un programme de compliance pénale. Les PME de moins de 50 salariés peuvent aborder le compliance pénale via le régime simplifié, mais doivent en tout état de cause satisfaire aux obligations normatives applicables à leur secteur.


Bárbara Botía Espín est avocate spécialisée en compliance pénale et en responsabilité pénale des personnes morales au sein de BMC.

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